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Le séminaire CEEI-THALIM 2021-2022, « Usages et valeurs du Noir » prend la suite du cycle quinquennal de conférences organisé dans les murs de l’INHA (l’Institut national d’histoire de l’art-Paris), visant à développer une réflexion sur les formes matérielles de l’écriture, dans la lignée des réflexions menées au Centre d’étude de l’écriture et de l’image créé par Anne-Marie Christin en 1982.

Proposé, cette année, par Isabelle Charrier et Marie Laureillard, co-organisé avec Hélène Campaignolle, le thème d’ « Usages et valeurs du noir » se donne pour but d’explorer la richesse conceptuelle de la notion de noir. Comme les années précédentes, le séminaire sollicite le réseau du CEEI (l​​es centres européens d’entreprise et d’innovation), les chercheurs associés de THALIM ( L’unité mixte de recherche/UMR – Théorie et Histoire des Arts et des Littératures de la Modernité) et des interventions extérieures, dans une configuration interdisciplinaire et ouverte aux formes non occidentales de l’écrit.  Chaque séance est l’occasion d’une ou deux présentations, et suivie d’une discussion collective.

A cette occasion, l’artiste chercheur Gaëtan Le-Coarer, artiste en résidence Pépinières Européennes de Création 2021 à Transcultures, ainsi que Philippe Franck directeur de Transcultures, interviendrons pour 2 conférences :

  • Gaëtan Le-Coarer (Université de Savoie-Mont Blanc) : Usages dans le Noir en Bande Dessinée et en Réalité Mixte
  • Philippe Franck (Transcultures/Pépinières européennes de Création) : Poétiques et imaginaires du noir dans la création sonore actuelle
Gaëtan Le-Coarer (Université de Savoie-Mont Blanc)​

Usages dans le Noir en Bande Dessinée et en Réalité Mixte

S’immerger dans un projet de bande dessinée « au jour du i » (Veyrat, 2019) implique de repenser une manière de faire cette bande dessinée et l’image que l’on communique de cette dernière. Dans le cadre de notre thèse « Bande Dessinée et Réalité Mixte, vers de nouveaux espaces de narration », nous développons un dispositif en réalité mixte, c’est-à-dire une inférence de la réalité virtuelle (VR) et de la réalité augmentée (AR) traversée par une architecture narrative singulière. Ce dispositif, ce projet intitulé AN DOMHAN, est une adaptation d’une légende celtique irlandaise en XR (Mann et al., 2018), où deux utilisateurs font de manière simultanée, par interférence, l’expérience d’une histoire pensée de deux points de vue et de deux situations différentes à partir de deux dispositifs techniques différents. En effet dans notre projet un utilisateur dispose d’un casque VR, et un autre dispose d’un smartphone fourni avec une application en AR. Les deux utilisateurs se trouvent dans un même terrain d’expérimentation.

Que ce soit du côté de l’AR ou de la VR, les utilisateurs sont plongés dans un environnement (Ryan, 2014) Noir. Ce Noir n’est pas que visuel, esthétique. Il intervient au cœur d’une architecture de la narration et fait interface entre les utilisateurs, entre le dispositif technique (rassemblant la VR et l’AR), et l’adaptation d’une légende littéraire. Le Noir nous permet en réalité mixte à la manière des outres-noirs (Cristiani, 2008) de Pierre Soulages d’explorer un outre-monde (Guyonvarc’h, 1980) que nous tentons de mettre en place avec l’expérience. C’est par le corps dans un procédé (Roussel, 2005) de mixité (Virilio, 1988, p. 148) que le Noir entre en action.

Ce Noir nécessite cependant des usages de lecture, un parcours à entreprendre dans le système proposé et scénarisé, impliquant le corps, afin de s’y confronter, non pas à un moment donné, mais dans un emplacement (Foucault, 2004) spécifique. Là où les expériences des espaces scénarisés se nouent. Les utilisateurs chacun de leur côté voient leur espace d’expérimentation (dans un entre-deux) s’entrechoquer, s’entremêler, s’interférer. Ainsi, le Noir dépasse déjà une forme conceptuellement hétérotopique (Foucault, 2009) par des usages réalisés dans Noir donc au travers du Noir et par le Noir. Une forme topologique découle de la nature spatiale du Noir et issue des usages par l’intermédiaire d’un dispositif technique de réalité mixte.

Nous verrons ainsi comment le Noir nous invite à repenser l’architecture spatiale de la narration en bande dessinée, et comment ce dernier apparait comme procédé structurant (Deleuze, 2015, p. 243) dans la mise en place d’un lieu autre à explorer par les lecteurs.

Gaëtan Le Coarer est doctorant en Sciences de l’Information et de la Communication & Sciences de l’Art. il s’intéresse à la bande dessinée, l’hypermédia en développant une esthétique Noir affirmée.
Après une Licence Arts Appliqués parcours Design option Design et culture numérique validé à l’université de Nîmes en 2016, Gaëtan Le Coarer intègre le Master Création numérique option Hypermédia et Espaces Intelligents de l’Université Savoie Mont Blanc.
En 2018, Gaëtan Le Coarer rejoint l’équipe pédagogique du département communication et hypermédia de l’USMB, en tant qu’enseignant. Il participe à différents projets en partenariat avec le Geneva International Film Festival, ou le Musée des Beaux-Arts de Chambéry.
En 2019, il s’inscrit en Doctorat (Sciences de l’Information et de la Communication & Sciences de l’Art) avec comme sujet de thèse, « Bande dessinée et Réalité Mixte, vers de nouveaux espaces de narration«. Comment à l’ère de l’interaction et de l’immersion, pouvons-nous repenser, relire, interagir avec la narration en BD dans les espaces de réalités mixtes ?

gaetanlecoarer.wixsite.com

​Philippe Franck (Transcultures/Pépinières européennes de Création)

Dominique Vermeesch – dospace – City Sonic 2019 (detail)

Poétiques et imaginaires du noir dans la création sonore actuelle

A partir de son expérience de commissaire artistique de nombreuses manifestations internationales d’arts sonores mais aussi d’artiste audio intermédiatique et de critique culturel, Philippe Franck propose une traversée subjective à travers différentes échappées de la création sonore actuelle aventureuse. De quoi le noir serait l’imag/inaire dans ces audio singularités (au regard de son présumé opposé, le blanc) ? Il présente plus particulièrement quelques projets d’artistes sonores qui donnent la primauté au noir et d’autres davantage associés au blanc. Black noise versus white noise ? Et si l’écho des contraires se répondaient…

Historien de l’art, créateur sonore et intermédiatique, concepteur /producteur / critique culturel passionné par les transversalités créatives contemporaines, Philippe Franck est directeur / fondateur de Transcultures, Centre interdisciplinaire des cultures numériques et sonores (La Louvière-Belgique). Il est aussi initiateur/coordinateur du festival international des arts sonores City Sonic et de la biennale des cultures et émergences numériques Transnumériques (plusieurs villes en Fédération Wallonie-Bruxelles). Parallèlement, il enseigne la création sonore et les arts numériques dans plusieurs écoles d’art (Arts2-Mons, Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, École Supérieure des Arts Saint-Luc-Bruxelles…), matières sur lesquelles il publie régulièrement des textes critiques dans plusieurs revues et publications belges et internationales. Depuis 2018, il est aussi directeur des Pépinières européennes de Création.

philippefranck.eu

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